1969-1975 : Une "résurrection" artistique

 

Un nouveau toit pour la tribu Arc-en-Ciel

Josephine, suite à son expulsion violente des Milandes, fut hospitalisée mais eut les forces nécessaires pour se produire peu après à la Goulue, le restaurant de Jean-Claude Brialy à Paris. Le lundi, son jour de relâche, Josephine parcourait l'Europe en solitaire pour aller honorer des engagements à Bruxelles, Copenhague, Amsterdam ou Berlin.

Toujours en 1969, la Société des bains de mer de Monte-Carlo la choisit pour tenir le haut de l'affiche du bal de la Croix Rouge monégasque.

Dessin d'André Levasseur pour le Prologue du gala de la Croix Rouge monégasque en 1969

Au même moment, la princesse Grace de Mocaco avança les premiers fonds pour l'achat d'une villa à Roquebrune. La Croix Rouge prit le relais. La tribu Arc-en-Ciel trouvait dans cette maison un nouveau repère pendant que Josephine continuait de courir les cachets pour faire vivre sa progéniture. A cette époque, Josephine coordonnait ses déplacements professionnels avec des visites officielles chez les différents ministres de l'Education de la planète, défendant son projet de collège de la Fraternité Universelle.

Josephine à Oslo en 1970

Josephine à Sofia en 1970

 

Un come-back remarqué

Josephine, resplendissante, dans les années soixante-dix

Josephine se produisit quatre jours au Carnegie Hall de New York en juin 1973. Agée de soixante-sept ans, elle se présentait au public en maillot couleur chair. Son corps était toujours splendide et ses tenues exhubérantes. Malgré une extinction de voix, le succès fut au rendez-vous, si bien qu'une tournée fut organisée.

Josephine au Carnegie Hall de New York en juin 1973

Elle s'envola ensuite vers la Suède et chanta au Tivoli de Copenhague qui l'avait régulièrement reçue durant les années soixante. Pourtant, Josephine se trouvait à cette époque très malade. Les soucis que lui causait la tribu et des problèmes cardiaques l'obligèrent à tempérer ses ardeurs scéniques.

Josephine au Palladium de Londres en novembre 1974

Le jubilé de Bobino 1975

En 1974, la Société des bains de mer de Monte-Carlo demanda à nouveau à Josephine d'être la vedette du gala annuel au profit de la Croix Rouge. Le décorateur André Levasseur imagina un show extravagant qui, une fois de plus, racontait l'histoire de Josephine à travers une série de tableaux résumant sa vie : son enfance, la Revue Nègre, son engagement dans la Résistance, etc. Tout le monde espérait que, si c'était un succès, le spectacle monterait à Paris. Et ce fut un succès. Josephine était devenue une légende.

Josephine et Line Renaud en 1975

Le Casino de Paris s'étant refusé, c'est Bobino qui accueillit ce spectacle qui devait célébrer les cinquante ans de carrière de Josephine, les cinquante ans d'amour avec son cher Paris. Le 8 avril 1975 fut le jour de la première.

Josephine dans la revue "Josephine" à Bobino en avril 1975

Dans la salle se trouvait le général de Boissieu, gendre de de Gaulle, Sophia Loren, Mick Jagger, Mireille Darc, Alain Delon, Jeanne Moreau, Tino Rossi, Pierre Balmain et la princesse Grace de Monaco, invitée d'honneur. Le spectacle, pour lequel toutes les places avaient été vendues des semaines à l'avance, ne recueillit pratiquement que des critiques extasiées. Après le spectacle, deux cent cinquante personnes étaient invitées à souper au Bristol.

Josephine et André Levasseur au finale de la revue "Josephine"

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Josephine à la sortie du Bristol, avec André Levasseur, le 8 avril 1975

Le lendemain, Josephine donna son spectacle. Le jeudi, elle se leva, passa quelques coups de téléphone, déjeuna légèrement et se coucha pour faire sa sieste habituelle. Elle ne devait plus se réveiller. Ayant sombré dans le coma, terrassée par une hémorragie cérébrale, elle fut immédiatement conduite à la Salpêtrière, où elle s'éteignit peu après.

Les funérailles nationales télévisées auxquelles elle eut droit étaient quasi sans précédent pour un artiste. Le cortège passa devant Bobino où son nom brillait et gagna la Madeleine. Parmi les célébrités et les dignitaires qui, trois jours plus tôt, assistaient à sa première, plusieurs étaient présents, dont la princesse Grace et Sophia Loren. Même morte, Josephine continuait d'être vivante. Le mythe était né dès 1925.

 

Le cortège funèbre passe devant Bobino pour un ultime salut, le 12 avril 1975

 

La princesse Grace de Monaco aux obsèques de Josephine, à la Madeleine, le 12 avril 1975